Ecole Catholique en Nouvelle-Calédonie

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Les Frères des Écoles Chrétiennes

À la fin des années 1970, avec la multiplication des collèges catholiques, l’Enseignement catholique en Nouvelle-Calédonie manque singulièrement de professeurs diplômés, compétents et surtout provenant de congrégations religieuses. En effet, le vivier historique issu des frères et sœurs de la famille des Maristes et des sœurs de Saint-Joseph de Cluny commence à se tarir. C’est alors que, pour la rentrée 1980, Mgr Klein fait appel à la Congrégation des Frères des Ecoles Chrétiennes afin de suppléer l’équipe éducative et d’assurer la direction du collège Francis-Rougé à Thio. D’origine essentiellement vietnamienne, les quatre frères y seront présents jusqu’en 1996.

Le choix de cette congrégation n’est pas innocent. En effet, le fondateur, Jean Baptiste de La Salle, a eu comme ambition de dispenser gratuitement un enseignement élémentaire aux plus déshérités.  Les écoles lasalliennes, tout comme les pensionnats, sont ouverts à tous sans distinction. Enseignement, éducation et éducation religieuse sont indissociables. Les frères apprennent aux enfants la discipline du corps, la maîtrise des émotions, la politesse, qui doivent traduire la morale chrétienne transmise par un catéchisme quotidien.

Cette rigueur va s’exercer dans tous les domaines de la vie scolaire, avec l’accord et l’entière participation de l’équipe éducative, des parents d’élèves et des enfants eux-mêmes. Après avoir amélioré le cadre par des bâtiments intégrés, des jardins, des parterres de fleurs, la pédagogie de la réussite est au cœur des projets. Grâce au sport (terrains de basket, de handball, de volley…), aux activités ludiques (activités d’écriture et théâtrales, chorale, jardinage, tricot…), à un CDI performant, à l’initiation à l’informatique, réussites rapportées dans le journal du collège L’écho des flamboyants, les élèves reprennent confiance en eux. Ils améliorent leurs résultats et leur motivation les conduit à envisager des études plus longues pour aborder des carrières enrichissantes. Le collège Francis-Rougé est alors souvent cité dans les pages des journaux pour ses victoires sportives, ses réussites aux concours de lecture ou de mathématiques (le fameux concours australien !), sans oublier les comptes-rendus des nombreuses sorties pédagogiques qui ouvrent les yeux aux petits broussards.

Extension de la communauté

Cependant, les frères pressentent la nécessité d’ouvrir leurs élèves de Thio tant à la réussite professionnelle qu’à leur épanouissement personnel. Dès 1986, malgré les difficultés sociales et politiques, ils commencent à installer dans la commune le centre d’apprentissage, d’artisanat et de loisirs (CAAL), aidés financièrement par des organismes caritatifs internationaux. Un décret du haut-commissaire, en 1990, concrétise le projet en en faisant un organisme de formation professionnelle. C’est alors que des stages proposent aux religieux, aux enseignants, aux personnels de la SLN et des entreprises sous-traitantes, aux commerçants, aux  employés des services publics et surtout aux jeunes à la recherche d’un emploi des formations professionnelles qualifiantes. Puis, en lien avec les services territoriaux, provinciaux et municipaux, le CAAL va alors offrir des formations musicales dirigées vers la promotion de la culture kanak. La bibliothèque municipale itinérante offre ses ouvrages au prêt aussi bien dans le village que dans chaque tribu.

Cependant, très vite après leur arrivée, les Frères des Ecoles Chrétiennes ont essaimé vers Nouméa avec l’ouverture d’une communauté à Robinson qui permet aux nouveaux frères arrivés en 1981 et 1982 de travailler dans différents établissements scolaires catholiques de Nouvelle-Calédonie (Mont-Dore, Nouméa…) et d’assister le prêtre de la paroisse vietnamienne du Christ-Roi à la Seconde Vallée-du-Tir à Nouméa. Un juvénat est construit à Robinson en 1983. Centre de formation, il accueille cinq jeunes à la recherche de leur vocation. Le centre devient alors, comme l’affirme le frère Paul Le Cü, « un lieu d’accueil, de rayonnement et de support pour les activités extrascolaires et pastorales en région nouméenne ».

D’après de texte de Sylvette Boubin-Boyer, docteur en histoire contemporaine, paru dans l’Espérance n°12, octobre 2013

Pour en apprendre davantage :

L’Espérance n°12, p22

Légende : Revue de la D.E.C. (Direction de l’Enseignement Catholique) Ephata de septembre 1996, dossier sur Thio.