Enseignement Catholique en Nouvelle-Calédonie

La réalisation de vidéos par les jeunes, un potentiel éducatif encore trop peu exploité.

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Les activités extrascolaires proposées par le Conseil de la Jeunesse des Écoles Catholiques (CJEC) ont un grand potentiel pour le développement des compétences sociales et personnelles des jeunes. La réalisation de vidéos est un moyen idéal de les impliquer et de leur permettre de valoriser leur pouvoir d’expression et d’action. Exemple d’un projet réalisé au « Vill’Âge Jeunes », dans le local du CJEC.

Les médias numériques ont bouleversé la manière dont les enfants et les jeunes occupent leurs loisirs. Pour les parents ainsi que pour les professionnels de l’éducation les appareils connectés représentent de nouveaux défis éducatifs. Cependant, les usages des applications numériques par la jeunesse sont le plus souvent envisagés comme une menace que comme une opportunité.

Conscient des enjeux de la numérisation pour la nouvelle génération, le CJEC a centré ses activités ces trois dernières années sur l’impact du numérique sur les enfants, les jeunes et leur environnement (« l’Observatoire documentaire de la jeunesse »).

Les activités de jeunesse extrascolaires ont un grand potentiel, encore insuffisamment exploité, pour le développement des compétences des adolescents et des jeunes adultes. En effet, les activités proposées par le CJEC et ses partenaires socioculturels permettent de toucher des jeunes d’horizons les plus divers à travers une participation librement consentie, impliquant les jeunes de manière active, participative et créative.

Dans le but de former des jeunes aptes à intégrer les médias numériques dans leurs initiatives de projet, le CJEC a mis sur pied pour ses membres un programme de formation intitulé « L’Observatoire documentaire de la jeunesse ». Depuis 2019, une quinzaine de jeunes ont donc pris part à des formations audiovisuelles en plusieurs modules proposée par l’association Poadane et financée par la DDEC. Objectif : Permettre à des élèves et des jeunes adultes de maîtriser et encadrer la réalisation et la diffusion de vidéos faites par des jeunes.

Au terme du projet qui a duré environ trois ans, trois films de qualité ont été réalisés avec les jeunes et présentés lors de projection-débat organisée par la DDEC. Cette expérience nouvelle au sein du CJEC a mis en évidence les difficultés de ce genre d’entreprise et la capacité des jeunes à s’adapter au contexte pour en tirer le meilleur.

L’adhésion des jeunes au projet n’a pas été de soi. Les jeunes ont été difficiles à convaincre, habitués pourtant à se filmer, mais dans la sphère privée et le cadre d’échanges entre amis. Il faut rappeler que la libre adhésion aux activités proposées est un principe cardinal du CJEC. Donc, pas question d’embrigader les jeunes dans des projets qui ne résultent pas d’un choix. Par ailleurs, dans les deux premiers films aucune personne parmi les jeunes n’était capable de réaliser le montage vidéo. Le projet se déroulant dans un cadre officiel, les professionnels de l’association Poadane ont naturellement recherché la qualité optimale de la réalisation, ce qui les a poussés à prendre en main une partie importante du filmage et du montage. Cependant, dans le troisième film (en cours de montage), les jeunes ont pu révéler leur capacité à contribuer à l’écriture du scénario se déroulant dans leur environnement quotidien, sous la conduite experte de l’association Poadane. Dans un second volet, des jeunes en recherche d’insertion professionnelle ont pris conscience que la vidéo pouvait être un moyen de mettre en valeur leurs compétences. La réalisation de ces films ont permis aux jeunes qui y ont été impliqués de valoriser leur pouvoir d’expression et d’action.

Pour Stevens GUILLEMAIN, coordinateur du CJEC, cette expérience très enrichissante a d’ores et déjà eu des suites. En plus des projections-débats animées par les jeunes du CJEC, qui sont maintenant proposés aux établissements scolaires, l’un des trois films réalisés par les jeunes sera présenté au 15e festival international du cinéma des peuples « Ânûû-Rû-Âboro », le 19 octobre prochain à Poindimié. Pour soutenir les jeunes, des ateliers techniques et d’élaboration d’un court métrages réalisés uniquement au moyen de smartphones est à l’étude pour l’année prochaine.

Ce projet a permis de mettre en évidence le potentiel énorme de l’intégration des médias numériques pour l’animation socioculturelle extrascolaire. Les démarches mises en œuvre dans les projets de réalisation cinématographique offrent un cadre idéal pour favoriser le développement des compétences techniques et médiatiques, aussi bien que métacognitives et sociales des jeunes qui y prennent part. On peut espérer que l’expérience et les compétences acquises par l’équipe de « l’Observatoire documentaire de la jeunesse » puisse bénéficier à d’autres structures scolaires et/ou éducatives de Nouvelle-Calédonie.

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